Prévenir, protéger, accompagner : une responsabilité collective

Au mois d'août, nous avons abordé plusieurs facettes d'une même réalité : la prévention des abus sexuels ne repose pas uniquement sur la capacité à identifier une situation à risque. Elle passe aussi par une meilleure compréhension du consentement, par une attention portée aux limites de chacun·e et par notre capacité collective à soutenir les personnes concernées. 

Reconnaître les situations qui peuvent mettre en danger

Certaines situations sont difficiles à identifier, notamment lorsqu’elles s’installent progressivement. C’est le cas du grooming, ou pédopiégeage, qui consiste à entrer en contact avec un·e mineur·e et à constuire une relation avec lui ou elle à des fins sexuelles. 

La relations peut commencer de manière apparemment anodine : une passion commune, une partie en ligne, des compliments ou une écoute attentive. La personne peut chercher à gagner la confiance du ou de la jeune, à devenir son ou sa confident·e, voir à l’isoler progressivement de son entourage, avant d’introduire des sujets intimes ou des demandes à caractère sexuel. 

Mais le processus n’est pas toujours progressif. Des questions sexuelles, l’envoi de contenus explicites ou des propositions de rencontre peuvent aussi survenir très rapidement. 

Dans toutes ces situations, un principe reste essentiel : la responsabilité appartient toujours à la personne qui manipule. Avoir répondu, fait confiance ou envoyé une image ne rend jamais le ou la jeune responsable de ce qu’il ou elle subit. 

Le consentement reste essentiel, quel que soit le contexte

Cette question des limites et du consentement ne concerne évidemment pas uniquement les espaces numériques. 

L’été est aussi une période de festivals, de soirées et de rencontres. Dans les milieux festifs, l’ambiance, l’alcool ou d’autres substances peuvent parfois rendre certaines situations plus difficiles à décrypter. Pourtant, les règles du consentement restent les mêmes. 

Danser avec quelqu’un ne signifie pas accepter d’être touché·e. Accepter un baiser ne signifie pas consentir à davantage. Une relation passée ne vaut jamais un consentement pour une nouvelle relation. Et lorsqu’une personne n’est plus en état d’exprimer librement son accord, on ne suppose pas : on s’arrête. 

Un consentement doit pouvoir être donné librement, sans pression ni insistance, et peut être retiré à tout moment. 

Ces principes peuvent sembler simples. Ils participent pourtant à construire une culture dans laquelle les limites de chacun·e sont reconnues et respectées : demander, écouter, ne pas insister et rester attentif·ve aux autres. 

Quand les limites ont été franchies 

Prévenir est essentiel. Mais il est tout aussi important d’accompagner les personnes lorsque des abus ont eu lieu. 

Vivre un abus sexuel ou avoir été confronté·e à des abus répétés peut profondément affecter l’estime de soi, le rapport au corps, la relation aux autres ou encore le sentiment de sécurité. Honte, culpabilité, peur, vulnérabilité ou difficultés à poser ses limites peuvent persister bien après les faits. 

Avancer ne signifie pas oublier ce qui s’est passé. Il s’agit plutôt de pouvoir, progressivement, intégrer le traumatisme afin qu’il ne prenne plus toute la place. 

Cela peut passer par le fait de retrouver des espaces sécurisants, de créer des liens de confiance, d’écouter ses besoins, de se réapproprier ses limites ou de bénéficier d’un accompagnement thérapeutique spécialisé.  Il n’existe ni délai, ni parcours idéal. Chaque personne avance à son propre rythme. 

De la prévention à l’accompagnement : agir ensemble

Prévenir les abus sexuels, sensibiliser au consentement, accompagner les personnes concernées et leurs proches : ces différentes dimensions sont au coeur de la mission d’ESPAS. 

Mais cette mission est aussi collective. 

En devenant membre d’ESPAS, chacun·e peut contribuer à la pérennité de nos actions et affirmer sa solidarité envers les personnes confrontées aux abus sexuels. Chaque adhésion renforce notre capacité à accompagner, prévenir, sensibiliser et former. 

Etre membre, c’est ainsi faire le choix de ne pas détourner le regard et de considérer la prévention des abus sexuels et le soutien aux personnes concernées comme une responsabilité collective. 

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Soutenir ESPAS

Derrière chaque situation, il y a des parcours souvent complexes, qui nécessitent du temps, des compétences et un accompagnement adapté. 

Chez ESPAS, nous nous engageons à offrir un espace de soutien accessible, à renforcer la prévention et à accompagner les personnes concernées avec justesse et bienveillance. Mais ces actions reposent en grande partie sur des ressources limitées. 

Votre soutien fait une réelle différence. Il permet de maintenir des accompagnement, de développer la prévention et de continuer à outiller les professionnel·le·s et le grand public. 

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